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PAROLE POUR LA MISSION Eléments de réflexion missionnaire sur la Liturgie du Dimanche
Le CIAM propose un itinéraire hebdomadaire de réflexion sur la Liturgie du Dimanche, orientée vers la Mission. Des éléments y sont offerts, qui se veulent une méditation missionnaire proposée à la spiritualité individuelle ou communautaire, sur la Parole de Dieu. Cette Parole, en effet, continue de nous surprendre par sa longue fidélité à donner lumière,force et soutien au chemin missionnaire de l’Eglise.
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La rencontre avec le Ressuscité amène à la Mission ![]() III Dimanche
de Pâques Actes
5,27-32.40-41
Réflexions On respire de l’air frais, dans un climat d’universalité, d’envoi missionnaire au monde. La troisième rencontre de Jésus avec le groupe de ses disciples (Évangile) n’a pas lieu dans le Cénacle, à Jérusalem, les portes fermées. Elle se produit à l’extérieur, sur les rives du lac de Galilée, un matin de printemps. L’événement de cette pêche miraculeuse, ainsi que la mission que Jésus confie à Pierre, sont racontés à l’aide d’un langage qui est typique de l’expérience mystique, avec abondance de symboles, et même un accent de profonde affection. De cette manière le message nous devient accessible dans sa totalité: le retour quotidien à la pêche, le nombre de sept pêcheurs, la mer, le fait même de pêcher, la nuit de travail sans résultat, l’aube, le Seigneur sur le rivage, la pêche abondante, le feu pour le déjeuner, le banquet. Ensuite la mission que le Seigneur confie à Pierre à l’aide d’une surprenante preuve d’amour, le troupeau qui lui est confié à trois reprises, et finalement la fidélité au Seigneur, exigée pour toute la vie, jusqu’à la mort...
Le symbolisme mystique s’ajoute à l’événement pour nous en proposer une compréhension plus complète et universelle. Par exemple, si la mer symbolise les forces ennemies de l’homme, pêcher et devenir pêcheurs d’hommes (Mc 1,17) veut dire libérer de toutes situations de mort, ainsi que la pêche devient symbole de la mission des apôtres. Le succès de cette mission, bien que à haut risque, est à la mesure des “153 gros poissons”, (v. 11). Ce nombre se prête à de nombreuses interprétations possibles. Mais il y en a deux qui méritent quand même d’être soulignées: en effet, à la précision mathématique du témoin oculaire s’ajoute le symbolisme du “50x3+3”, où le nombre de 50 est symbole de la totalité du peuple, et le 3 indique la perfection. Aucun poisson n’est donc oublié. Le banquet, qui voit Jésus inviter absolument tout le monde, montre l’histoire du salut dans sa conclusion. En même temps, le triple envoi missionnaire désigne Pierre comme berger de tout le troupeau.
On peut distinguer, dans les apparitions du Ressuscité, d’une part les apparitions de reconnaissance, où Jésus n’a d’autre but que celui de se faire reconnaître comme ‘le vivant’; les autres sont les apparitions de l’envoi missionnaire, où Jésus envoie ses disciples mettre en exécution des ordres ponctuels (allez dire à...) ou bien des missions à long terme (allez dans le monde entier, de toutes les Nations faites des disciples...). C’est ainsi que, progressivement, l’événement ‘résurrection’ prend toute sa portée universelle aux yeux des disciples. Le Ressuscité (I lecture) est “chef et sauveur” de tous les peuples (v. 31), et cette Bonne Nouvelle doit être annoncée à tous, et partout! En effet on doit notre obéissance à Dieu plutôt qu’aux hommes (v. 29). C’est ainsi que les disciples commencent à l’expérimenter dès le début, en qualité de témoins oculaires (v. 32), avec courage et joie, malgré les outrages qu’ils subissent pour le nom du Seigneur (v. 41). C’est à Lui, l’Agneau immolé (II lecture), que toutes les créatures du ciel et de la terre doivent rendre gloire et honneur pour l’éternité (v. 12-13).
L’expérience du Ressuscité dépasse le temps des premières apparitions (Évangile): il faut aussi savoir reconnaître la présence réelle et efficace du Seigneur dans le quotidien de la vie. “Jésus se fait reconnaître dans ses gestes, dont l’un est effectivement extraordinaire –la pêche miraculeuse- mais les autres sont très simples et familiers. Il a préparé du pain et du poisson et il les invite au repas, avec grande amitié. Il prend le pain et le leur donne, ainsi que le poisson, comme il avait fait si souvent auparavant. On dirait que Jésus, loin de vouloir manifester sa gloire, veuille plutôt préparer ses disciples à sa présence mystérieuse à venir. Une présence qui sera universelle après la résurrection: en effet maintenant Jésus est présent partout, d’une présence divine qui est en même temps sa présence humaine... Les chrétiens sont appelés à chercher une gloire divine qui n’est pas extérieure, parce qu’ils sont appelés à reconnaître Jésus dans les frères... le reconnaître présent dans les plus pauvres et les plus humbles ou les plus nécessiteux. Là les chrétiens sauront reconnaître sa gloire, la gloire mystérieuse de leur Seigneur et la puissance de son action divine, qui accomplit des prodiges à l’aide de moyens humbles et simples” (Albert Vanhoye).
Une vie chrétienne ‘digne des ressuscités’, et donc vécue dans la foi et dans l’amour, elle se manifeste sur un double versant de relations: la reconnaissance envers Dieu d’une part, et l’élan missionnaire d’autre part. C’était déjà celui-ci l’enseignement du Pape Pie XII qui, il y a cinquante ans de cela, publia l’encyclique ‘Fidei Donum’ pour attirer l’attention de l’Église et du monde entier vers l’Afrique, à une époque cruciale de son destin millénaire. L’encyclique s’ouvre par une réflexion sur le ‘don de la Foi’ (*) comme point de départ de tout élan missionnaire, quelles que soient ses expressions dans les différents lieux et situations.
La Parole du Pape (*) “Les incomparables richesses que Dieu accorde à nos âmes par le don de la foi justifient en nous une attitude d’immense gratitude... L’esprit missionnaire, qui anime le feu de la charité, est déjà une première réponse venant de cette reconnaissance envers Dieu. Il se concrétise dans le désir de partager avec tous nos frères la foi que nous avons reçue”. Pie XII Encyclique Fidei Donum, 21.4.1957
Sur les pas des Missionnaires - 21/4: En 1957 Pie XII publia l’encyclique missionnaire “Fidei Donum”, sur la situation que vivaient les missions catholiques, en Afrique plus particulièrement. - 23/4: St. Georges (IV s., en Palestine), saint connu parmi le peuple chrétien pour sa lutte contre le dragon; martyr vénéré depuis les premiers siècles, dans les Églises d’Orient et d’Occident. - 23/4: St. Adalbert (Vojtech), évêque de Prague et martyr (956-997), missionnaire intrépide en Pologne et auprès d’autres peuples slaves. - 24/4: St. Fidèle de Sigmaringen (1577-1622), prêtre capucin suisse, premier martyr de la Congrégation de la Propagation de la Foi (fondée en 1622) et de l’Ordre des Capucins. - 25/4: St. Marc, évangéliste, disciple de Paul et de Pierre, vénéré comme fondateur de l’Église de Alexandrie, en Egypte. - 25/4: St. Pierre de Bétancur (1626-1667), frère tertiaire franciscain, missionnaire espagnol au Guatémala, appelé “l’homme qui fut la charité” à cause de son dévouement total aux orphelins, aux mendiants et aux malades. 27/4: St. Pierre Ermengol (+1304), espagnol; une fois converti à Jésus Christ, il quitta sa vie de brigand pour devenir religieux mercédaire voué au rachat des esclaves en Afrique. - 28/4: St. Louis Marie Grignion de Montfort (1673-1716), apôtre zélé des missions pour le peuple en France, fondateur des Filles de la Sagesse et des Montfortains. - 28/4: St. Pierre Chanel (1803-1841), français, prêtre mariste, missionnaire dans l’île de Futuna, premier martyr et protecteur de l’Océanie.
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Par le R. P. Romeo Ballan, mcci – Ancien Directeur du CIAM, Rome Site Web: www.ciam.org “Parole pour la Mission” ++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++
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