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PAROLE POUR LA MISSION Eléments de réflexion missionnaire sur la Liturgie du Dimanche
Le CIAM propose un itinéraire hebdomadaire de réflexion sur la Liturgie du Dimanche, orientée vers la Mission. Des éléments y sont offerts, qui se veulent une méditation missionnaire proposée à la spiritualité individuelle ou communautaire, sur la Parole de Dieu. Cette Parole, en effet, continue de nous surprendre par sa longue fidélité à donner lumière,force et soutien au chemin missionnaire de l’Eglise.
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Le “Bon Pasteur”: soutien et model pour la Mission ![]() IV Dimanche
de Pâques Actes 13,14.43-52 Psaume 99 Apocalypse 7,9.14-17 Jean 10,27-30
Réflexions Le ‘Bon Pasteur’: dès le III siècle, dans les catacombes, les Chrétiens ont eu recours à cette image, la toute première!, pour représenter Jésus Christ. Bien des siècles avant la croix et le crucifix! La raison du choix porté sur cette très ancienne image biblique du berger (cfr Exode, Ezékiel, Psaumes...) est justement sa richesse symbolique. En effet Jésus s’est identifié au personnage du berger, que Jean (chap. X) a su interpréter dans un contexte de lecture messianique. Il emploie en effet de nombreuses expressions qui se rapportent à la vie et aux relations qui existent entre lui et les brebis: entrer-sortir, connaître, appeler-écouter, ouvrir, conduire, marcher-suivre, perdre-ravir, donner sa vie... Jusqu’à la pleine identification du Christ avec ‘le bon pasteur qui donne sa vie pour ses brebis’ (v. 11.14). Le texte grec a recours à un synonyme ‘le beau pasteur’ (v. 11.14), c’est à dire bon, parfait, qui cumule en lui la double perfection: étique et esthétique à la fois.
Par tradition désormais, le quatrième dimanche de Pâques est connu comme le ‘Dimanche du Bon Pasteur’, d’après le passage de l’Evangile, qui est toujours tiré du chapitre X de St. Jean, où Jésus se présente toujours comme le vrai et bon pasteur du peuple. Pour l’évangéliste Luc, Jésus est le bon pasteur qui s’inquiète, à la recherche de la brebis égarée, pour la retrouver, la porter sur ses épaules et ensuite faire la fête avec ses amis... (Lc 15,4-7): c’est un berger au cœur miséricordieux. Cette image si riche de tendresse se complète par la vision de Jean, qui en fait encore un pasteur attentif et courageux, prêt à défendre son troupeau contre les brigands et les fauves, disposé à donner de sa vie, si nécessaire, pour sauver son troupeau.
Jésus insiste encore à nous rassurer: son initiative à sauver ses brebis sera couronnée de succès: “jamais elles ne périront, personne ne les arrachera de ma main… et personne ne peut rien arracher aux mains de mon Père” (v. 28-29). Une telle assurance ne se fonde pas sur la bonté et la fidélité des brebis, mais sur l’amour totalement gratuit du Christ, qui est plus fort que les fragilités humaines. Il ne laisse tomber aucune brebis, même pas celles qui se sont éloignées ou ne le connaissent pas: elles sont toutes appelées à entrer par la seule porte, c’est à dire Lui-même (v. 7), le seul sauveur. Il offre sa vie pour tous: en même temps il a aussi d’autres brebis qu’il appelle à lui pour ne former qu’un seul troupeau, soumis à un seul berger. (v. 16). La mission de l’Eglise se réalise dans ces paramètres d’universalité: une vie offerte pour tous, la vie en abondance, perspective d’une Église comme un seul bercail... Le troupeau serait encore très nombreux, personne n’y serait de trop, personne n’y serait anonyme. Les relations y sont entretenues sur un plan personnel: le pasteur connaît ses brebis, il les appelle une par une, par leur nom (v. 3), tandis qu’elles le connaissent, l’écoutent et le suivent (v. 27).
Pour Jean il y a une double bonne nouvelle de Pâques: le Christ est le ‘bon pasteur au cœur transpercé’, de lui surgit la vie pour une “multitude immense” et variée, que personne ne peut compter (II lecture). Il est aussi l’Agneau immolé, dans son sang tous trouvent purification et réconfort à l’heure de la grande tribulation (v. 14). Dans sa contemplation, Jean, le voyant de Pathmos (Ap 1,9), arrive à voir l’identité entre l’Agneau et le Pasteur, celui qui conduit aux sources des eaux de la vie” (v. 17). La vie sans plus avoir faim, ni soif, ni larmes (v. 16-17) deviendra réalité un jour. Mais pour l’instant elle ne demeure qu’une promesse sur notre horizon, une parole sûre qui connaîtra un jour son plein accomplissement.
Mais en attendant ce jour-là, il reste au chrétien un immense travail à mener à terme: il faut annoncer l’Évangile de Jésus dans le monde. Il y connaîtra des résistances et des contestations en tous genres, mais il aura aussi la même certitude qui a toujours soutenu l’apôtre Paul dans sa mission (I lecture): “J’ai fait de toi la lumière des nations pour que, grâce à toi, le salut parvienne jusqu’aux extrémités de la terre” (v. 47). Sur ce sillage de Paul nous pouvons comprendre l’appel d’aujourd’hui, Journée Mondiale de Prière pour les Vocations. (*) La vocation spéciale de consécration (prêtrise, vie consacrée, vie missionnaire, services du laïcat...) trouve sa force dans l’expérience personnelle de Quelqu’un qui nous aime et nous appelle. Pour toutes vocations il est déterminant de sentir la vérité profonde de cette parole de Jésus: “Je connais mes brebis et mes brebis me suivent” (v. 27). Expérience fondatrice que le théologien protestant Karl Barth, dépassant l’idéalisme cartésien, traduit dans cette expression : “Cogitor, ergo sum” (je suis pensé, donc j’existe). Le fait de te sentir dans le cœur de Dieu te fait sentir en vie et te donne grande assurance. Le fait d’être fils de Dieu et frère du Christ fait de toi un apôtre. Ainsi ton cœur est ouvert sur le monde entier, pour partager les inquiétudes et les soucis du Bon Pasteur, lui qui a aussi “d’autres brebis” (v. 16) à sauver en les appelant à lui. La contemplation amène à l’identification avec le Bon Pasteur: c’est cela qui nous permet d’être une Eglise missionnaire. Dont les horizons s’ouvrent sur le monde entier.
La Parole du Pape (*) “Où allons-nous, si nous disons ‘oui’ à l'appel du Seigneur? La description la plus concise de la mission sacerdotale -qui vaut également pour les religieux et les religieuses- nous est donnée par l'évangéliste Marc qui, dans le récit de l'appel des Douze, dit: «Il en institua Douze pour être ses compagnons et pour les envoyer» (Mc 3,14). Etre avec Lui et, en tant qu'envoyés, être en chemin vers les personnes: ces deux choses vont ensemble et, ensemble, constituent l'essence de la vocation spirituelle, du sacerdoce. Etre avec Lui et être envoyés: deux choses indissociables l'une de l'autre. Seul celui qui est ‘avec Lui’ apprend à le connaître et peut l'annoncer vraiment. Et celui qui est avec Lui ne garde pas pour lui-même ce qu'il a trouvé, mais doit le transmettre”. Benoît XVI Homélie à Altötting (Allemagne) pour les séminaristes et les religieux, 11.9.2006
Sur les pas des Missionnaires -29/4:IV Dimanche de Pâques – Journée Mondiale de Prière pour les Vocations. - 29/4: Ste. Catherine de Sienne (1347-1380), laïque tertiaire dominicaine, mystique, docteur de l’Eglise, protectrice de l’Italie et de l’Europe. - 30/4: Bse. Marie de l’Incarnation Guyart Martin (1599-1672), première missionnaire de l’histoire (de la France au Canada), mystique, fondatrice –avec un groupe de Jésuites- de l’Eglise du Canada. - 30/4: St. Joseph Benoît Cottolengo (1786-1842), prêtre de Turin, confiant toujours dans la Providence divine. Fondateur d’oeuvres et d’Instituts pour l’assistance aux gens plus pauvres et démunis. - 1/5: St. Joseph ouvrier, qui a formé Jésus au travail manuel. – Journée Mondiale des Travailleurs. - 2/5: St. Athanase (295-373), évêque de Alexandrie en Egypte et docteur de l’Eglise. Persécuté et plusieurs fois expulsé de son pays sur l’initiative des hérétiques Ariens. - 3/5: SS. Apôtres Philippe et Jacques le mineur, celui-ci premier évêque de Jérusalem. - 3/5: Bse. Marie Léonie (Elodie) Paradis (1840-1912), religieuse canadienne, fondatrice des Petites Sœurs de la Sainte Famille de Sherbrooke, au Québec (Canada). - 4/5: Bx. Jean Martin Moyë (+1793), prêtre de la Société des Missions Etrangères de Paris, missionnaire en Chine, fondateur, mort à Trèves (Allemagne).
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Par le R. P. Romeo Ballan, mcci – Ancien Directeur du CIAM, Rome Site Web: www.ciam.org “Parole pour la Mission” ++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++
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